Ce confinement de 47 jours s’apparente à une longue traversée du désert

03-05-2020

Ce confinement de 47 jours s’apparente à une longue traversée du désert : on a le temps de percevoir la beauté du paysage, au début, puis d’en épuiser l’intérêt, de montrer sa force et son endurance, au début, de les entretenir (peut-être, si l’on a l’esprit sportif), d’en sentir l’usure et plus tard la fatigue, de retomber, et de se redresser vers la fin.

Dans cette ambiance de fin du monde, d’incertitudes et d’angoisse, comment ne pas voir les excès qu’elle engendre : les violences familiales, les bacchanales nocturnes et l’ivresse, seuls exutoires d’une vie restreinte à la plus petite cellule qui soit : soi-même. Pourquoi chacun se sent-il si seul, sans même le réconfort du spirituel, dans notre société si laïque ? J’espère qu’au bout de ce chemin, nous trouverons un oasis et pas un mirage de prospérité retrouvée.

Comment allons nous en sortir et quelles conséquences pour le marché de l’art ? à mon sens, une floraison d’expressions artistiques nouvelles, et j’espère que l’Etat saura multiplier les commandes et irriguer les artistes et les galeries, comme il le fait pour les entreprises, et qu’il saura donner à l’art contemporain français l’exposition qu’il mérite, dans ses institutions parfois trop figées. Ce ne sont pas les quelques millions supplémentaires confiés au CNAP qui suffiront. Il faut un grand élan.

Comme le montre un superbe numéro collector de Beaux-Arts qui vient de sortir, les grandes épidémies entretiennent avec la création artistique un rapport étroit et riche. Il va falloir l’utiliser pour rénover notre marché de l’art et nous devons y travailler sans attendre.