Commissaire-priseur, c’est un très beau métier, un métier très complet, beaucoup plus proche des réalités d’aujourd’hui que son image un peu datée

14-03-2021

Commissaire-priseur, c’est un très beau métier, un métier très complet, beaucoup plus proche des réalités d’aujourd’hui que son image un peu datée - celle d’un amateur des beaux-arts- ne le laisse entendre.

Le commissaire-priseur est un acteur du développement durable, ce mot d’ordre de nos sociétés contemporaines : il recycle en permanence des objets, des vêtements, des automobiles, des matériels industriels, et contribue à leur donner une seconde vie.

Sa responsabilité professionnelle l’implique profondément dans les problématiques de sécurité, de vol, de trafic, et sa vigilance à cet égard est permanente. Certes, sa profession n’est plus régulée, mais il reste un garant de la sécurité des transactions qu’il organise, et sa déontologie l’engage.

Il est au cœur de certains débats très contemporains : la revendication du patrimoine de civilisations disparues par la diplomatie d’Etats modernes, les pillages de musées ou de sites  historiques organisés par des bandes armées et politisées, la protection de l’environnement et de certaines espèces animales, par exemple.

Le commissaire-priseur n’est pas dans sa bulle protégée ! C’est un chef d’entreprise aussi, et il lui appartient de concilier tous ces impératifs, dans un monde où la moindre erreur suscite un déchaînement médiatique, car son métier l’amène aussi à être très visible.

Ainsi doit-il rester plus que prudent lorsqu’il aborde certains sujets, comme la mémoire de la Shoah, et la vente des objets qui la rappellent. Je lis en ce moment le Journal de guerre de Paul Morand, et de nombreuses pages me rappellent qu’il est impossible de s’habituer à l’horreur et que l’indignation doit rester intacte.