Finalement, rien ne sera plus jamais comme avant. Mais faut-il le regretter ?

05-02-2021

Finalement, rien ne sera plus jamais comme avant. Mais faut-il le regretter ?
En 2019, 88 % des maisons de ventes ont déclaré avoir organisé des ventes numériques. L’enquête en ligne qui vient d’être réalisée pour le Conseil des ventes révèle que ce pourcentage a encore progressé en 2020 : 85 % des maisons de ventes déclarent qu’elles souhaitent se doter d’une stratégie numérique, un site internet, bien sûr, mais également une présence sur les réseaux sociaux, et les deux tiers veulent développer ou intensifier les ventes dématérialisées.

Parallèlement, les plateformes de ventes en ligne constatent qu’elles ont aussi des progrès à accomplir : Drouot Digital réfléchit à labelliser les maisons qui interviennent sur sa plateforme, Interenchères rachète  Auction.fr pour élargir et internationaliser son développement.

Certes, il y a beaucoup à faire, mais le marché semble porteur : plus des deux tiers des opérateurs déclarent que les ventes en ligne leur apportent 30 % de clients en plus. Les niveaux de prix montent, l’éventail des objets vendus s’élargit. La barrière « culturelle » de l’accès aux ventes en salle s’abaisse. Les différences entre les « grands » opérateurs et les maisons indépendantes s’estompent face à la toile qui s’étoffe : seules comptent la marque, la présentation des objets et la réputation de la maison, et les services annexes.

La souplesse et l’accès direct que représentent les ventes numériques sont un avantage comparatif important par rapport aux marchés, aux foires ou aux galeries : l ‘écosystème des ventes publiques, qui apporte aux vendeurs comme aux acheteurs une garantie, doit être valorisé, voire développé.

Il faut sécuriser l’achat en ligne, mettre à jour les conditions de ventes, développer l’expertise, de manière à mieux profiter de l’engouement pour les ventes numériques d’objets d’occasion. Après tout, la vogue du développement durable, du recyclage des produits de qualité est une tendance lourde : les maisons de vente qu’on disait un peu démodées se retrouvent au cœur d’une actualité insoupçonnée jusqu’ici.