Rares sont les professions qui se sont autant transformées au cours de ces dernières années que celle de commissaire-priseur

02-07-2021

« Rares sont les professions qui se sont autant transformées au cours de ces dernières années que celle de commissaire-priseur », ainsi commence le rapport que deux membres du Conseil des ventes, Sylvie Maunand, conseillère à la Cour de cassation, et Dominique Soinne, commissaire-priseur à Lille, viennent de me remettre sur la formation du commissaire-priseur de demain.

Et pourtant, la formation des jeunes membres de la profession reste, à peu de choses près, la même que celle de leurs grands anciens : droit et histoire de l’art, beaucoup de stage pratique, un peu d’ouvertures sur la communication et l’expression corporelle. Mais les épreuves n’ont pas bougé, et les jurys observent chaque année les mêmes lacunes en histoire de l’art et en droit, la connaissance de l’objet reste encore peu développée, celle de l’anglais doit être approfondie, le contrôle continu n’a pas été introduit.

Nous avons donné la parole aux jeunes sortants de stage : beaucoup d’entre eux estiment qu’ils n’ont pas été suffisamment encadrés et aidés dans leur parcours, qui ne les prépare pas suffisamment à l’exercice de leur futur métier.

Nous allons progressivement combler nos manques : grâce à ce rapport, grâce au travail de Quentin Loiseleur, désormais chargé de cette réforme dans l’équipe du conseil, grâce à un comité scientifique, animé par Thomas Schlesser, historien de l’art, directeur de la Fondation Hartung-Bergmann et professeur à l’Ecole polytechnique. En deux mots, il faut que l’ancien certificat de bon accomplissement du stage devienne un certificat d’aptitude à la profession.

La crise dont nous sortons à peine a montré que notre profession avait du ressort, qu’elle savait évoluer, encore faut-il mieux accompagner son développement.